Challenge AZ : Z
Zagrad
On clôture ce challenge généalogique par un lieu chargé de souvenirs : une maison de famille. Pas n’importe laquelle, celle de Marija Poropat, transmise ensuite à sa fille Hermina, puis à sa petite-fille Doroteja, et aujourd’hui encore utilisée comme maison de vacances par les fils de Doroteja : Cvetko, Maks, Jozi et Edi. Quatre générations se sont succédées entre ces murs, dans cette petite maison située à Celje, au 18 Zagrad. Un modeste foyer, mais un véritable témoin du temps qui passe.
Marija Poropat, sur la terrasse
À l’époque de Marija, entre-deux-guerres, la maison offre un confort bien plus rudimentaire qu’aujourd’hui. En entrant, on emprunte un couloir qui mène sur la droite à deux chambres en enfilade. Tout au fond, une salle de bain avec toilettes, et sur la gauche, la grande pièce de vie, d’environ 20 m². C’est là que se déroule l’essentiel du quotidien : la cuisine, la grande table en bois, le banc d’angle typique des habitations montagnardes, où l’on partage les repas, les histoires et les hivers.
Hermina, fille de Marija, sur la terrasse, dans son dos, la chèvrerie
Dehors, une petite terrasse donne sur les arbres fruitiers, pruniers et pommiers, et surtout sur l’immensité verdoyante des montagnes. À droite de la maison se trouvait autrefois une chèvrerie, lieu de supplice pour mon père à qui Marija faisait boire le lait encore tiède ; à l’arrière et au-dessus de la maison un petit hangar où l’on stocke le foin et plus tard, un poulailler et un clapier. Un univers simple, presque immobile, où chaque objet semble avoir sa place depuis des décennies.
Les repas et les sourires, toujours sur cette terrasse
La généalogie, c’est évidemment comprendre qui sont les personnes qui composent nos familles. Mais parfois, les lieux en disent davantage que les individus eux-mêmes. Marcher dans leurs traces, s’asseoir là où ils ont vécu, ouvrir un placard et tomber sur de vieilles photos oubliées… ce sont des instants qui nous rapprochent d’eux d’une façon presque intime. On ressent le plaisir des voisins qui nous attendent avec les clés, qui ont préparé « le meilleur poulet du monde », et même si la langue nous échappe, on se sent accueilli. On se sent chez soi. Comme si, en franchissant le seuil de cette maison, on revenait à l’essentiel.
La dernière génération, toujours sur cette terrasse!
Ce challenge se termine sur cette idée : la généalogie, ce n’est pas seulement s’intéresser à la famille, c’est aussi porter attention à tout ce qui l’entoure, les lieux, les paysages, les amitiés, l’histoire, les métiers. C’est accepter de faire un pas de côté pour regarder autrement, explorer un nouvel angle, s’imprégner des atmosphères. Et parfois, c’est simplement savourer la chance de pouvoir marcher là où nos ancêtres ont vécu, aimé, travaillé.